Forstenried a écrit:
Vi! Mais macache!
venceslas a écrit:
Pourquoi prendre des bougies à résistance incorporées alors que l'équivalence des références d'époque donne des W7EC chez Bosch ?
Résistance : présence d'une résistance réduisant les interférences électromagnétiques sur les appareils électriques du voisinage (radio, TV, mais aussi tout autre appareillage équipant le véhicule). Généralement notée par la lettre "R" dans la référence de la bougie.
Comme ca je peux regarder la télé en conduisant

Oui effectivement, mais dans l'absolu, à moins d'avoir un faisceau d'allumage présentant une résistance moindre pour compenser la différence, la puissance d'éclatement fournie aux électrodes sera moindre avec des bougies à résistances incorporées.
Alors bien sur certains pourront considérer que si le moteur fonctionne correctement avec ce type de bougies depuis plusieurs milliers de kilomètres il n'y a pas à chercher plus loin et que mes propos s'apparentent à commettre des actes contre nature envers les diptères, il n'empêche que dans certains cas choisir sa référence avec une précision aléatoire peut avoir des conséquences.
Passons sur l'écueil d'un indice thermique inadapté et ses conséquences funestes puisque tel n'est pas le cas en l'espèce et que même les plus béotiens sont affranchis du problème, de plus il est bien évident que les bougies modernes sont infiniment plus élastiques thermiquement et beaucoup moins sensibles à l'encrassement que celles montées neuves à l'époque.
Sur certains systèmes d'allumage électronique le montage de bougies à résistances incorporées peut s'avérer fatal. Les résistances du faisceau et des bougies s'additionnant, passé une certaine valeur certains composants peuvent en souffrir. Exemple sur un allumage Mercedes EZL monter des bougies à résistances augmente la résistance du couple faisceau-bougies au delà de 4 kilos ohms ce qui conduit à la destruction du module d'allumage qui sur certains modèles coûte environ 2000 euros...

Là aussi vous me direz :" mais aucun risque que cela arrive avec nos tagazous !"
Mais il peut cependant se produire un autre phénomène certes moins grave.
A indice thermique et puissance électrique appliquée en entrée identiques, plus une bougie est résistante moins elle chauffe. Que nous dit la documentation d'époque pour les bougies des moteurs de nos engins équipés en 12 volts ?
EYQUEM 112 S
A.C DELCOS 44 L
MARCHAL 35/36
KLG CLI Blue Stone
Si l'on cherche dans un comparateur d'équivalence moderne comme celui-ci par exemple,
http://fr.sparkplug-crossreference.com/ , voila ce que cela donne :
Accel 0124
Autolite 303
Beru 14-8E
Beru 14-7E
Bosch W7EC
Bosch W8EC
Bosch W8E
Brisk K17C
Champion J8C
Champion J7J
Champion UJ11G
Champion J7
Denso W20SU
Denso W16SU
Denso W16S-U
Denso stk 5044
Eyquem 500C
General Motors 1559492
Iskra FS50
Iskra FS70
Motorcraft A3X
Motorcraft A5
Napa X901
NGK B6S
NGK B6S BL1
NGK B5S
NGK stk 2931
Prestolite 14-05-01
Torch G6C
Unipart GSP30
On notera que pour toutes les références trouvées, et notamment les Bosch et NGK avec lesquelles nous sommes le plus familiarisés et qui sont les plus lisibles, aucune n'est à résistance incorporée.
Toutes ces prolégomènes pour en venir au fait suivant :
Vous n'êtes pas sans savoir que les bougies modernes dans leur immense majorité sont auto nettoyantes, c'est à dire que arrivées à une certaine température le fonctionnement normal du système génère des étincelles en rafales capables de détruire par pyrolyse les dépôts carbonés accumulés sur le culot, encore faut-il que cette température soit atteinte.
Et l'on arrive là au noeud gordien de ce qui nous occupe, le carburant sans plomb que nous utilisons aujourd'hui est beaucoup moins exothermique que les carburants qu'ingéraient nos moteurs quand ils étaient neufs, particulièrement notre famille de moteur, destinée à des utilitaires tournant à l'essence ordinaire dont l'indice d'octane RON se situait dans une fourchette d'environ 80-88.
A réglages de carburation identiques par rapport à l'époque nos moteurs fonctionne donc à une température moyenne moindre, de plus l'usage collection que nous en faisons pour la plupart est un " facteur cumulatif aggravant " : régime maxi et contraintes fortes rares, pas de charges soutenues maintenues pendant de longues périodes, section de routes ou d'autoroutes pieds au plancher pendant des heures etc, situations que vivaient pourtant nos engins quand ils étaient neufs ou récents.
Il est donc possible que la température d'auto nettoyage de nos bougies modernes soit atteinte jamais ou rarement. A l'époque de conception de nos moteurs, la précision de dosage stoéchiométrique n'avait rien à voir avec celle que l'on rencontre sur les mécaniques contemporaines. Aujourd'hui pour une valeur de sonde lambda 1 le moteur est considéré comme en réglage riche.
En 1955, encore plus pour des utilitaires destinés à des utilisateurs pas forcement avertis et fonctionnant à l'essence ordinaire on voulait à tous prix éviter un fonctionnement en régime pauvre et tous les problèmes mécaniques de longévité qui peuvent en découler, les réglages étaient quasiment toujours déterminés en mélange plutôt riche surtout pour des engins comme les nôtres.
D'où : bougies modernes + carburant sans plomb + utilisation générale peu sévère = température d'auto nettoyage des bougies quasiment jamais atteinte
Bougies qui ne se nettoient pas + réglage carburation plutôt riche = bougies qui s'encrassent.
Aussi l'utilisation de bougies à résistances incorporées, en retardant l'échauffement devrait logiquement amplifier l'éventuel phénomène et ne me semble donc pas judicieux.
Pour avoir une base de départ objective, vu la difficulté de trouver la valeur de résistance des faisceaux d'allumage d'époque, il serait intéressant que les possesseurs de modèles équipés en 12 volts relèvent et communiquent la résistance de leurs faisceaux et de leur têtes d'allumeur.
Voila, j'espère ne pas avoir été assommant comme la châtaigne reçue aux bornes du secondaire d'une bobine HT...