C'est encore plus nul que ça...
Au départ, c'est un geste obscène qui veut dire "
Je te la mets bien profond"... (Coluche et bien d'autres, ont fait ce geste qui existe depuis des lustres...).
Dieudonné s'en est emparé il y a déjà quelques années pour ponctuer certains de ses messages anti-système.
Comme son discours s'est radicalisé (toujours autant contre le système et ses travers), mais en y ajoutant à la fois des plaisanteries d'un goût plus que douteux sur le sionisme, et des attaques dénonçant le "Shoah business", le CRIF s'est emparé de l'affaire, aidé de la LDJ.
Au final, tout est monté en mayonnaise, aidé par le Ministre de l'intérieur et les médias qui ont jeté de l'huile sur le feu,
cachant au passage d'autres sujets économiques, sociaux et sécuritaires, bien plus préoccupants...
La tension est ensuite montée d'un cran, avec les interdictions "à priori" des spectacles de Dieudonné sur le motif de "troubles possibles à l'ordre public". (ça ressemble un peu à la Corée du nord sur le principe de fonctionnement...).
Cette pression a été faite aux Préfets (qui l'ont redescendue aux Maires), via une circulaire du Ministère de l'intérieur, adressée à ces mêmes Préfets.
Le point d'orgue a eu lieu il y a environ 1 semaine, car une mesure d'interdiction a été jugée illégale par le Tribunal de Nantes, pour un spectacle qui devait se jouer le soir même, et qui a été annulé préventivement.
Le Ministre de l'intérieur, désavoué par le Tribunal de Nantes a riposté en sortant l'artillerie lourde : le Conseil d'état (juridiction dont les jugements font jurisprudence).
En l'espace de quelques heures *, le conseil d'état a rendu son jugement sous la forme d'une ordonnance (qui ne devrait pas faire jurisprudence pour le coup), par la décision de Bernard Stirn (Juge des Référés au Conseil d'état).
Au motif "d'atteinte à la dignité humaine", le Conseil d'Etat a cassé le jugement du Tribunal de Nantes, et le spectacle n'a ainsi pas pu avoir lieu.
Fin du 1er acte.
Cette décision éminemment politique, aurait pu servir les intérêts du Ministre, sauf qu'à vouloir trop en faire, elle a eu 4 conséquences, dont au moins une est désastreuse :
- Un ras le bol de plus, chez la majorité des Français qui ont d'autres soucis que ce type "d'affaires", et qui se contre-foutent de Dieudonné et de ses "quenelles"
- Un peu d'agitation chez une partie des spectateurs de l'humoriste (fils, petits-fils d'immigrés), essentiellement sur les réseaux sociaux.
- Une vague de mécontentements chez une catégorie de Militants Socialistes (les commentaires sur le Blog du PS étaient...édifiants !!!).
- Une montée du communautarisme inter-confessionnel (ça c'est pas bon du tout...)
Du coup :
- entre les uns qui tentaient de trouver des failles dans le bail du théâtre de la "main d'or", exploité par Dieudonné pour l'en faire "virer"
- les autres qui dénoncent le totalitarisme et la fin des "droits de l'homme"
- d'autres encore qui déchirent leurs cartes d'électeurs (ça ne durera pas longtemps : les gens ont la mémoire courte...).
la mayonnaise a tellement bien pris que politiquement parlant, la vraie bonne idée de départ, est devenue soudainement une sombre machine à perdre des voix... Alors d'un seul coup, il n'y a plus eu aucun sujet dans la presse télévisée (grands médias) traitant de la "Quenelle", de Dieudonné, ou de ses spectacles (a ce titre, "le Mur", spectacle objet de toutes les tensions), n'est plus joué, et est remplacé par un autre) / c'est depuis lors, un quasi black-out (sans jeu de mots...

).
Bref, au départ, le fond (dérives de l'humoriste) est plus que tendancieux, et si il y a infraction à la loi, celle-ci doit s'appliquer sans délai (mais
après un délit, et non avant...). Ensuite concernant la forme dont tout cela a été traité, je laisse à chacun le soin de se faire sa propre idée...
Quant-à la Quenelle qui devient un "
salut nazi inversé" : on nage en plein délire...
Seulement la réalité réveille un peu : 2 étudiants ont été placés en G.A.V. la semaine dernière pour avoir fait une "quenelle"...
(
* La mobilisation du Conseil d'état sous de telles conditions, est une 1ère sous la 5ème République : il n'y a jamais eu de précédent)