Ah les maths modernes... mon drame
Je n'y comprenais rien, et surtout je ne voulais rien y comprendre.
Je me souviens avoir dit à la prof : "A quoi cela va me servir de multiplier des lettres par des chiffres dans la vie de tous les jours ?"
Cette phrase je l'ai dite 2 fois : au lycée et au Pensionnat
La 1ère fois en 6 ème, on ne m'a rien dit et la prof a laissé couler (ou plutôt m'a laissé couler...)
La 2ème fois en 5 ème, je m'étais bien fait secouer (euphémisme

), mais en plus pour que je comprenne bien les deux, elle m'avait donné des pages entières de divisions avec 8 chiffres après la virgule à faire pour le lendemain...
J'ai encore son commentaire dans mon livret scolaire : "A quoi peuvent bien servir les mathématiques à un élève de 5ème ?"
Toujours en 5ème, le matin en géométrie, on apprend à faire un cube en papier. Le soir en étude je joue avec mon cube sur le bureau : pas de bol le surveillant me choppe. Bilan : je me suis fait éjecter de l'étude avec comme devoir : 100 cubes en papier à faire pour le lendemain...
Je suis d'accord avec ceux d'entre-vous qui disent que l'apport des parents dans l'éducation est primordial.
Il n'y a pas de substitution à avoir entre l'école et les parents : les deux doivent être complémentaires.
Les miens (ouvriers) n'ont pas pu m'aider comme ils l'auraient souhaité : jusqu'à ce que j'atteigne l'âge de 10 ans mon Père était toute la semaine parti en déplacement. L'année d'après mes parents divorçaient et ma mère m'élevait seule (ça correspond pile poil à mon entrée en 6ème au lycée). Il se sont saignés pour payer le Pensionnat (en interne), de la deuxième 6ème à la 3ème : je les en remercie. Sans cet effort, je pense que j'aurais pu devenir une loque...
Ils n'ont pas délégué leur pouvoir d'éducation à des tiers ; seulement le contenu de ce qu'ils ne possédaient pas (je peux vous dire que si par malheur je faisais une connerie de gamin, je prenais une râclée au moins du double de celle que j'avais reçue chez les Curés) / (heureusement, j'étais plutôt calme de nature).
On était très loin de l'inversion des valeurs, où aujourd'hui un prof est agressé autant par les gamins que par les parents (qui en plus portent plainte pour faire bonne mesure...).
La 1ère année, forcément c'était dur... (sans pour autant ressembler à l'école Victorienne du 19ème siècle, il ne faut pas exagérer...) quelques exemples :
Première semaine de rentrée : à la sonnerie, toutes les classes devaient se regrouper en rangs x 2, bien alignées et les élèves devaient faire silence
Avec ma tchatche habituelle, je continue à bavasser avec le copain à ma droite jusqu'à ce que .. Aïe !!! : je venais de recevoir un coup de clé sur la tête.
Un petit coup sec de rien du tout (ça fait super mal). je n'ai plus jamais parlé pour rentrer en cours (d'où la surprise en CFA 4 ans plus tard...

).
Un copain siffle un soir dans dans le dortoir pour embêter le surveillant à chaque fois qu'il tournait le dos (on avait tous entre 11 et 12 ans)
Bilan : 60 gamins debout pendant 2 heures au pied du lit, les mains sur la tête : personne n'a jamais plus sifflé dans le dortoir...
En 5ème, on avait le droit de regarder la TV le mardi soir jusqu'à 22H00 (dans la salle de jeu, avec 2 surveillants)
Un copain balance une énorme boulette de PQ qui vient se coller sur la TV...
Bilan : tout le monde au lit, et le lendemain "promenade" (ceux qui connaissent le coin comprendront : Pélussin => le Pilat et retour, par les éboulis
Forcément le mercredi soir, on étais tous éteints... (et plus jamais de boulettes sur la TV...)
En 4ème, toujours au dortoir (chez les "Grands" cette-fois-ci) : je me rappelle de ça comme si c'était hier...
je n'avais rien à lire et je m'emm... dans mon lit / Mon côté bricolo étant déjà bien ancré

, je prends un élastique et un trombone pour en faire un crochet. Avec cette canne à pêche improvisée, j'essaie d'attraper une tranche de pain d'épice dans mon armoire... (un peu benêt quoi, mais je ne faisais pas de mal).
D'un coup je sens un présence dernière moi... (c'était le surveillant Général). Je n'ai pas eu le temps de me retourner : je me suis pris une torgnole qui m'a dévissé la tête. Et puis comme si ça ne suffisait pas, il m'a envoyé faire 50 tours de cours en pyjama (dehors en plein mois de novembre). Quand je suis revenu au dortoir, il m'a dit : "On ne joue pas avec la nourriture, tu as compris ?"
Je ne joue plus avec la nourriture...
J'ai encore pas mal d'exemples de cette nature, mais aucun d'eux ne m'a ni tué, ni traumatisé (formaté probablement que oui).
Aujourd'hui on parlerait de maltraitance pour moins que ça, on invoquerait les comportements vexatoires visant à rabaisser l'individu ; que sais-je encore...
Pour un peu, il y aurait un reportage de 2 minutes au 20H pour dénoncer l'éducation religieuse (tout ce qui précède n'a absolument rien à voir avec la religion)
En république, c'est toujours bien vu de taper sur les Cathos ; ça ne mange pas de pain... BFMTV inviterait des experts, des sociologues et des pédopsychiatres pour venir décortiquer les souffrances de l'enfant battu, qui forcément finira par brûler des voitures, agresser des vieilles dames, essuyer son couteau sur la gorge d'un pauvre type, ou insulter des Flics...
En fait une seule chose m'a dérangé, c'est quelques années plus tard à Hourtin pensant les classes : 2 copains se sont suicidés et l'un d'eux avait laissé une lettre. Celle-ci disait en quelques lignes qu'il ne supportait pas la discipline, que les Seconds Maîtres était trop durs, etc... (et pourtant la Marine, c'est cool).
Mézigue, j'était comme un poisson dans l'eau : c'était pas du tout le bagne ; bien au contraire...
Bref, les fameuses "valeurs républicaines" dont on nous rabat les oreilles à longueur de semaines, elles s'apprennent aussi à l'école.
On ne peut pas à la fois prôner les valeurs soixantehuitardes (il est interdit d'interdire), et ensuite s'étonner que plus personne ne respecte les règles.
Dernier truc enfin : dans mon boulot on m'a souvent dit que j'étais quelqu'un scrupuleux du respect des règles, mais qui n'hésite pas à s'en affranchir si besoin
bref : un type à peu près normal quoi...
