Mieux, 6 !! On ne sait jamais
Non mais sérieusement....

Je tractai avec ma R25 une super 5 GTT d'un copain pour un WE circuit. Nantes -> Pau Arnos par l'autoroute. Mon erreur : ne pas avoir vérifié la charge à la flèche suite à son erreur : charger le coffre de la S5GTT (voiture sens à la route).
La R25 n'était pas très stable passé 100km/h, je me méfiai donc des descentes. C'était la première fois que ça m'arrivait habituellement c'était un rail. Jusqu'à une belle descente en haut de laquelle une camionnette me double à toute berzingue (vouivouivoui) et fait un gros appel d'air sur l'attelage.
C'était le début de la descente en enfer.
Je cramponne le volant, tente de lever le pied en gardant du jus, le louvoiement s'est fait plus important !! Je tente d'anticiper les embardées, ça n'a pas marché non plus.
100km/h, en descente, la voiture prenait les 2 voies de l'autoroute, à gauche, à droite, à gauche... les pneus de la remorque crissaient, la S5GTT bringuebalait sur le plateau... et pourtant mon volant était cramponné droit. j'essayai de suivre les pointillés centraux, avec du mal, e restant de l'équipage balayant tout le reste derrière... Les voitures derrière faisaient de jolis appels de phare très rassurants.
Impossibilité de donner un coup de frein pour faire marcher le frein du plateau, c'était porte-feuille assuré.
Mon pote criait "récupère, récupère !!" (facile à dire) et son cousin à l'arrière "Mais freine bordel" (encore pire).
Panique, trouille, adrénaline, j'en sais rien, mais on voit défiler tout un tas de chose dans sa tête à ce moment là. Pour moi, c'était ma famille. Je me suis dit "c'est pas mon heure !!!".
Il fallait une solution, on arrivait sur un poids lourd et on ne passerait de toute façon pas vue la place qu'on prenait.
Éclair de lucidité, j'avais lu une ou deux semaine plus tôt dans un article que dans un cas comme celui-ci (désespéré), il fallait accélérer. J'ai donc rétrogradé et mis pied dedans.
Drôle de sensation quand on est au volant d'un équipage en déroute... mes passagers ont rien compris non plus, peut-être pensaient-ils que je voulais me mettre au tas plus rapidement...
105, 110, ça semble se calmer derrière, mais le poids lourd approche et on ne peut toujours pas passer entre celui-ci et la rambarde.
115, mieux... 120... ça y est, c'est à peu près en ligne et on passe de justesse le poids lourd en finissant de louvoyer...
La cote arrivant viendra ralentir l'ensemble naturellement. On s'arrête sur la première aire pour relever les dégâts après s'être contenté de 70kmh maxi pour la rallier.
J'ai du mal à tenir debout (les genoux tremblent), mon pote aussi, quant au cousin, il reste assis à l'arrière, pâle comme une aspirine.
Les flancs des pneus de la remorque sont slics, plus aucune inscription ! l'intérieur de la S5GTT est sans dessus dessous. Les pneus arrière de la R25 un peu rappés sur les cotés, mais surtout, une sangle avant et une sangle arrière, opposée, de la S5GTT, s'étaient rompues. Il restait une sangle avant et une sangle arrière.
Si la deuxième sangle avant lâchait, c'était la fin..... J'ose même pas imaginer le résultat à cette vitesse.
Désolé pour le roman, mais 4 sangles valent mieux que 3

Pour la raison d'accélérer j'imagine ça :
- l'effet gyroscopique des roues augmente et stabilise ce qui ne va pas droit
- la prise au vent et les turbulences de la remorque freinent celle-ci et la stabilise
- peut-être qu'un léger écrasement de l'arrière de la voiture tractrice abaisse la flèche, donc déplace un chouïa la résultante verticale du centre de gravité de la remorque vers l'avant (fort peu probable).
Subsidiaire - quitte à se planter, autant que ce soit en beauté
