Ah Mulhouse...
J'y ai aussi habité (heureusement c'était au Rebberg) : quelle ville de M....
Une des rares ville ou l'hyper-centre était plus dangereux que la banlieue (en 1992)
j'y bossais boulevard de l'Europe, juste à côté de la rue du sauvage : on avait une serrure électrique pour dé-verrouiller la porte des toilettes (à cause de la drogue qu'on retrouvait dans les distributeurs de PQ, dans les faux plafonds, sous les supports des brosses WC ; sans compter les seringues... ).
Un soir en fermeture une de mes Managers s'est fait braquer : au moment où elle sortait du bouclard, un type s'est pointé avec un calibre...
Le gars l'a poussée à l'intérieur en gueulant "j"ai faim" (vous imaginez bien qu'à ce moment-là y'a plus rien...).
Le mec a fini par partir en emportant des barres de tranchettes de fromage, et des carrés de poisson (crus et surgelés

).
Deuxième fois en journée : un autre mec se pointe et commande 2 menus.
Pendant que la nana rassemble la commande, le gus sort un chéquier et commence à remplir son chèque en écrivant tout dooouuuuucement.
La Fille emballe les frites, les burgers, et au moment où elle se retourne pour prendre les boissons, le mec s'arrache en courant et saute dans une voiture
qui était garée en double file devant le resto, pendant que le conducteur démarre en trombe !

(2 menus à 30 frs...) : n'importe quoi !
Troisième fois, le soir : 2 ou 3 familles avec des gosses, tranquilles dînent peinards. D'un coup on entend gueuler dans la rue, et le bazar se rapproche.
Soudain, un Black entre comme un dingue puis s'écroule en pissant le sang de partout (je ne vous raconte pas la tronche des parents et les pleurs des mômes...). Dehors une bande de "jeunes" (comme les appellent les journalistes en novlangue...), prêts à tout massacrer : les vitrines, les clients, les équipes, et accessoirement : moi...

.
Au moment où ils allaient rentrer, une autre bande se pointe (sans doute les potes du 1er individu), et là tout le monde se barre (la bande de jeune, poursuivie par l'autre bande de jeunes, et aussi tous les clients... Du coup, on s'est occupé du type qui faisait du boudin, à moitié écroulé sur une table... quelle soirée !!!
je pourrais vous en raconter d'autres, et pas qu'en Alsace : on pourrait parler du quartier de Bois au coq (le Havre), où le jour de l'inauguration du resto, un type a essayé de dézinguer les enseignes à la 22lr depuis son appart...
Ou encore les séances de car-jacking au drive pendant que les client attendaient leurs commandes...
Je ne parle pas des poubelles et des voitures cramées, les grilles arrachées, du mobilier de terrasse sculpté au cutter, des dépanneurs qui se faisaient vider la voiture pendant leurs interventions, des insultes à l'encontre du personnel, des menaces de mort, du soda jeté à la figure, des caisses arrachées et jetée par dessus le comptoir, etc, etc, etc...
Vous allez me dire : pas grave ça continue, le business est florissant...
Ben non, même pas : le resto de Mulhouse a fermé en 1994 ; celui du Havre en 2001, et avant lui celui des Mureaux, et celui de Mantes la ville... etc...
Plus de 20 ans plus tard, il semblerait que certains découvrent que l'eau mouille : c'est effectivement possible ; mais c'est bien tard...
Je referme la parenthèse...
