Minus a écrit:
Vu, pas à côté de chez moi... c'est un Willeme. Pour le modèle, je laisse les "pros" l'identifier.
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Cet engin est véritablement exceptionnel, et à plus d'un titre. Déjà parce que les exemplaires survivants de Willème d'avant guerre sont extrêmement rares, mais qu'en outre il s'agit vraisemblablement d'un modèle peu courant à l'époque de sa sortie de l'usine de Nanterre.
Il semble s'agir d'un GZ8 ou d'un encore plus rare DZ10. Le premier fut réceptionné aux mines le 12 juin 1933. Quand au second, jamais réceptionné à titre général par type mais seulement à titre isolé pour chaque exemplaire afin de satisfaire la demande de quelques clients souhaitant un deux essieux très performant, inutile d'ajouter qu'il relève de la catégorie des éléphants blancs...
Bien qu'il soit toujours délicat et aléatoire d'identifier un tel véhicule un faisceau d'indices concordants semblent plaider en faveur de cette hypothèse :
- le capot moteur dont les joues latérales comportent quatorze crevées de refroidissement ainsi que la trappe ouvrante en partie avant très caractéristique
- le soufflet de cuir faisant la jonction entre ce même capot et l'auvent de cabine
- le pare choc avant cintré, alors qu'il est totalement rectiligne sur le modèle précédent, G8, dont le GZ8 est une évolution
- les ailes avant galbées supportant en leurs sommets les feux de position
- la calandre, qui au sens littéral du terme n'en est pas une mais un simple entourage nickelé assorti des monogrammes WILLEME, DIESEL
- la cabine d'usine, tôlée sur armature bois à petite vitre latérale, entièrement d'origine et dans un état de conservation remarquable, assortie de moulures embouties sur les parties latérales du toit ainsi que des baguettes nickelées décoratives en dessous et autour des vitres
- les moyeux arrières qui trahissent sans nul doute possible un pont à vis à simple réduction
- les roues artilleries, chaussées d'origine en 42x9 à l'avant et en 42x10 jumelés à l'arrière
- la caisse à ridelles métalliques dont au moins un autre exemplaire survivant du même type est équipé ( ce dernier est équipé de flèches directionnelles entre les deux vitres de sa cabines qui sont absentes ici )
L'état de conservation général est époustouflant et les photos sont révélatrices de détails délectables, ente autres, les phares Auteroche, la plaque D indiquant un usage en camionnage local dispensant d'une licence de transport, jusqu'aux pare brises supérieurs qui peuvent s'entrebailler ou même la très solide chape de remorquage apocryphe ajoutée au parechoc avant.
Bien dommage que nous n'ayons pas quelques clichés de l'intérieur de cabine.
Il y aurait beaucoup à dire sur cet hallucinant témoin des riches heures de la rue Noël Pons directement surgi de la nuit à jamais engloutie des années trente...