"C'est pas cher : c'est l'Etat qui paie..."
Tout n'est pas pourri certes, et comme toujours il y a pire ailleurs... (ça c'est de l'argument que l'on trouve sur "X"

)
Mais il faudrait peut-être actualiser le logiciel et faire en sorte qu'il colle à l'époque.
Dans un des pays les plus taxés au monde (derrière le Danemark et devant la Belgique), une très grande partie du service public part à veau-l'eau.
Pour bien avoir en tête le recul sociétal que cela entraîne; ce qu'il faut regarder en toute objectivité c'est le croisement de 2 courbes sur une période assez longue (disons 50 ans).
Courbe A : niveau de prestation "offerte" par le service public (mais rémunérée par les impôts et taxes, et désormais les emprunts)
Courbe B : Taux d'imposition globale (contributions directes et indirectes)
Pour l'impôt sur le revenu, on pourrait ajouter une 1 autre courbe : celle du nombre de foyers imposables (courbe qui après avoir crû, est en déflation, ce qui peut signifier 2 choses : un relevé du seuil d'imposition (seuil minimal après lequel les revenus sont taxables), ou plus vraisemblablement une paupérisation d'une partie de la population (
près de 5 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France en 2020 [donc
AVANT les effets économiques du Covid].
Cette paupérisation est un sujet à part entière car elle est générée à la fois par la dégradation du marché du travail (qui a d'abord touché l'industrie il y a 40 ans, et désormais les métiers de service), par celle des conditions d'emploi qui sont une des conséquences de la dégradation du marché, par la poussée démographique lié aux naissances, tout comme par celle venant des vagues migratoires apportant de la main d'oeuvre non-qualifiée ou très faiblement qualifiée (là-aussi on peut scinder en deux, entre la part des personnes issues de ces vagues ayant trouvé un emploi, et l'autre part qui représente une charge par définition non-contributive, sur les comptes sociaux *
* (on y reviendra) / Je ne parle là
QUE des personnes dont la situation a été légalisée [les coûts des MNA, des demandeurs d'asile, des OQTF non réalisées, de la CMU [qui va être remplacée par l'AMU], de l'ATA, de l'hébergement (hors CADA) et plus globalement celui des autres miséreux en attente de régularisation sont à regarder à part, bien que ces coûts explosent littéralement et viennent de fait obérer la capacité de l'état à assurer et surtout maintenir des services de bon niveau pour tous nos concitoyens ).
Le constat sur le croisement des 2 courbes évoquées plus haut est sans appel ; pour faire court : le taux d'imposition grimpe et celui des services chute. Mais il y a une subtilité : en valeur absolue cette chute n'est pas ou peu visible car dans les faits il y a eu transfert ; je m'explique : par exemple (qu'il ne faut pas prendre tel quel, mais uniquement pour illustrer le propos), on a fermé des milliers de lits d'hôpitaux (80.000 lits sur 20 ans : c'est énorme, alors que sur la même période, la population a augmenté de près de 8 millions (hors clandestins (évolution estimée à + 500 000 sur la période [on part de 200 000 pour arriver à 700 000 personnes]), et hors étrangers séjournant légalement (augmentation + 3 millions sur 20 ans) . On arrive donc sur le même bloc temporal, à un total d'environ 11.5 millions de personnes en + sur le territoire, face à un recul de -80.000 lits.
Je veux bien que l'hospitalisation en mode ambulatoire soit passée par là (c'est une conséquence et pas un projet [comme d'aileurs le sinistre décret RIVOTRIL d'avril 2020...]), mais cet écart pose question dès lors que l'on évoque le service public. Il ne faut d'ailleurs pas oublier d'ajouter à cette destruction systématique du "meilleur système de santé au monde"

(ça c'était avant...), la fermeture des maternités depuis des années (sauf à Mayotte), et désormais la fermeture des services d'urgence (là on touche le fond...).
On ne peux pas refermer ce passage sans évoquer le sujet des "déserts médicaux ruraux", qui bien que non directement liés à la notion de service publique (du moins pour les professionnels libéraux), amène là aussi son lot de contraintes : jusqu'à 8 mois pour obtenir un rendez-vous d'ophtalmo, plus de 2 mois pour un Kiné, largement plus de 1 mois pour un dentiste (qui souvent ne prend plus de nouveaux patients ; tout comme les médecins qui ne consultent plus à domicile à de rares exceptions près). Bref une situation globale qui tend à se rapprocher de certains pays en voie de développement, ce qui n'est pas très rassurant...
On peut ajouter à ces exemple cruels, bien d'autres aux effets dévastateurs sur le long terme ; comme par exemple la fermeture des classes (voire d'écoles entières), dans les petites communes, celle des bureaux de Poste, celle des gares, celle des lignes ferroviaires, la supression des services d'acceuil dans l'administration au profit du tout numérique et son lot de déshumanisation (Préfectures, CARSAT, etc...), la création des communautés d'agglo, puis celle des métropoles, le déremboursement de certains médicaments, l'augmentation du "reste à charge", etc... La liste est fort longue et ce n'est pas terminé.
Alors oui dans un monde qui change (je n'ose pas écrire "qui évolue"), l'adaptabilité est de rigueur, mais en synthèse et de façon empirique, je résumerais la situation en 2 phrases :
Le rapport taux de services sur prélèvements directs et indirects en France est devenu très largement défavorable ; de façon globale avec plus d'impôts nous bénéficions de moins de services que nos parents (dans le détail c'est principalement la classe moyenne qui dérouille le plus et paie pour tout le monde).
Par ailleurs (et sans volonté de polémiquer), force est de constater qu'il existe un traitement inégalitaire entre ceux qui paient, ceux qui ne peuvent pas (et à l'égard desquels on ne peut que se féliciter que la solidarité nationale s'applique [hors fraudeurs]), et ceux qui ne devraient pas être là. Cela concerne 3 sujets : la santé, le logement, la retraite.
Mais à ces exemples, il ne faudrait pas oublier d'ajouter les décisions de politique internationale coûteuses comme les "aides au développement" (hors rétro-commissions), la participation à l'effort de guerre
US Ukrainien, notre contribution nette négative aux institutions de l'UE, les coûts de fonctionnement de l'état (avec 174 millions d'€/an on a actuellement le gouvernement le plus cher de la Vème République), et les millefeuilles régionaux
Et enfin un dernier sujet ; celui auquel personne ne s'attaque : la fraude.
Qu'elle vienne d'en haut ; qu'elle soit d'origine politique ou non (fonds Marianne, "optimisations" fiscales douteuses, copinages intéressés), ou d'en bas (travail au noir, fraude aux prestations sociales, aux aides de l'état, etc...), à un moment où le pays défoncé par près de 3200 milliards d'euros de dette publique, elle , n'est pas de nature à aider aux prises de décisions budgétaires réalistes ;l'état préférant une fois encore la taxation à l'action (quand ce n'est pas la spoliation très probale à venir s'agissant de l'Agirc Arrco).
Je vous invite à litre les excellents ouvrages du Magistrat Charles PRAT "Cartel des fraudes I & II" : c'est riche d'enseignements...
Donc encore une fois, certes il y a pire ailleurs. et non nous ne sommes pas encore en République bananière ; pas non plus en dictature ( mais en ploutocratie probablement). Toutefois, à vouloir regarder les choses en face, il y a tout de même matière à constater quelques "petits dysfonctionnements" quant à l'emploi du pognon qu'on nous prend...
